… au volant ! A chaque année sa bonne résolution !
A 25 ans, je me suis mise à nager, à 26ans, j’ai décidé de conduire.
Le contexte : permis de conduire en poche au bout de 20h de cours, pas une de plus, je n’ai jamais retouché le volant d’une voiture… Et cela fait bien 7 ans !
Bien sûr j’ai tout plein de bonnes excuses… J’habite dans Paris, je n’ai pas de voiture, je n’ai quasiment jamais de vacances, donc très peu d’occasions de conduire…
Il nous est arrivé quelques fois de louer une voiture, à l’occasion de mariages par exemple… Je me trouvais chaque fois dans l’incapacité la plus totale de prendre le volant. Et les km étaient systématiquement pour Mr R, aller et retour. Sans compter les soirées sans champagne ! Admettez que c’est dommage…
Les années passant, rien que l’idée de conduire me faisait peur. Je me sentais incapable de conduire. J’avais mon permis mais je ne savais pas conduire.
Pourtant j’en ressentais une grande frustration… Déjà, je n’aime pas quand quelque chose me résiste (ahem…), et puis conduire, c’est être indépendante, libre, autonome, et rien que cette idée me fait plaisir…
Le WE dernier, nous avons emprunté la voiture de mes parents pour partir quelques jours en Bourgogne. Mr R était fatigué par une dure semaine de boulot, et même jolie, la route ne l’enchantait guère… Si j’avais pu, j’aurais pris le volant. Mais rien qu’à cette idée, je commençais à stresser : 20h de conduite au compteur en tout et pour tout, accompagnée d’un prof prêt à rectifier mes erreurs, il y a 7 ans… Autant vous dire que j’aurais été un véritable danger public ! Conduire est une lourde responsabilité, alors… c’est une fois de plus Mr R qui nous a menés à bon port.
Le WE dernier, je me suis jetée à l’eau… sur les petites routes de Bourgogne. Peu de circulation, un temps magnifique… Beau-Papa et Mr R se sont relayés pour me donner des petits cours de conduite. De la théorie à la pratique, rien ne m’a été épargné : du fonctionnement de la boîte de vitesse, aux démarrages en côte en marche arrière, manœuvres en tous genres, dépassement de tracteur, rétrogradage sur petites routes pleines de virages… et j’en passe.
Le premier jour, je suis sortie en nage de la voiture, stressée mais fière de moi. Le deuxième jour, ma conduite était plus fluide, je maîtrisais bien mieux la voiture. Sur le chemin du retour, un lièvre a failli passer sous mes roues ; quel idiot de traverser la nationale comme ça !! Tous les lièvres devraient être équipés de petits gilets jaunes fluos, et avoir leur propre file !! Je n’ai pas eu le temps de réfléchir, j’ai eu les bons réflexes, c’est rassurant ! Si j’étais bien contente de ne pas avoir percuté cette pauvre bête, la réaction de Beau-Papa m’a fait frissonner d’horreur : "Dommage, ça nous aurait fait le dîner !" Brrrr…. Le troisième jour, je faisais la moitié du trajet de retour sur les petites routes… Je ne me sens pas encore d’affronter la population, et la rentrée sur un périphérique parisien bondé de gens mal élevés… Mais j’ai vraiment pris plaisir à conduire, et j’ai rendu le volant à Mr R à contre cœur.
Lui qui me tanne depuis 7 ans pour que je conduise a finalement eu une réaction un peu mitigée, avouée d’une voix à peine audible. "Enfin normalement, c’est quand même moi qui conduis…" S’ils savaient comme ils sont parfois trop mignons, nos hommes…